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IEA (2024), Concevoir une feuille de route pour les statistiques énergétiques, IEA, Paris https://www.iea.org/reports/designing-an-energy-statistics-roadmap?language=fr, Licence: CC BY 4.0
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La production de statistiques énergétiques officielles est essentielle pour assurer le suivi des transitions vers des énergies propres, ainsi que pour surveiller les progrès accomplis grâce aux mesures mises en œuvre et l’action globale visant à atteindre les objectifs correspondants. Les statistiques énergétiques couvrent un large éventail de données au sujet de l’ensemble des combustibles, aux différents niveaux du système énergétique. Dans ce contexte, le terme statistiques énergétiques désigne les données relatives à l’offre et à la demande nécessaires à la production des bilans énergétiques nationaux, généralement sur une base annuelle.
Les bilans énergétiques nationaux sont essentiels pour comprendre l’énergie qui traverse une économie, qui y entre et qui en sort, en termes de quantité comme en termes de qualité. Ils font la lumière sur la façon dont l’énergie est produite, transformée et utilisée dans un pays, et constituent un élément majeur des statistiques énergétiques. Les bilans énergétiques sont également un outil essentiel pour suivre les impacts plus larges de l’utilisation de l’énergie, notamment les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie et leurs conséquences sur le climat, ainsi que la manière dont l’utilisation de l’énergie affecte la sécurité énergétique, les dépenses énergétiques et son accessibilité financière.
La collecte de données constitue donc la pierre angulaire de l’analyse et de la prise de décision. Si la plupart des pays sont en mesure d’établir des bilans énergétiques, il existe dans de nombreux cas une grande marge d’amélioration, soit par la capture des données manquantes, soit par l’amélioration de la qualité ou du niveau de désagrégation des données existantes. Certaines lacunes dans les bilans énergétiques se manifestent, notamment dans la répartition de la consommation des différentes sources d’énergie par secteurs/sous-secteurs de demande finale spécifiques, ou dans la capacité à effectuer une ventilation précise par type de combustible, par exemple pour la production et la consommation non commerciales d’énergie, comme le bois de chauffage ou le solaire.
L’établissement de bilans énergétiques solides nécessite une planification et une approche stratégique, mais aussi un cadre de gouvernance favorable, des ressources et des infrastructures, des compétences, une gestion efficace des données, et des capacités d’innovation et de diffusion. Parce qu’il peut être difficile de consolider tous ces éléments (tout en continuant à les améliorer) et parce qu’y parvenir est d’une importance capitale, l’AIE a élaboré ce guide pour aider les pays à développer des feuilles de route nationales visant à renforcer leurs capacités en matière de données énergétiques.
On sait que chaque pays a une réalité et un contexte sous-jacent uniques, et que l’élaboration d’une telle feuille de route doit être adaptée aux besoins, aux priorités et aux ressources. L’élaboration d’une feuille de route nationale visant à renforcer les statistiques énergétiques indique que le pays qui s’y attelle reconnaît l’importance des données énergétiques et qu’il est déterminé à atteindre ses objectifs en matière d’énergie et de climat (contributions déterminées au niveau national (CDN), objectifs de développement durable (ODD), etc.). Ce processus prévoit également une évaluation préliminaire des systèmes d’information énergétique existants, donne une visibilité à long terme sur la stratégie pour améliorer ces systèmes et permet de clarifier, auprès des institutions et des administrations nationales respectives, leurs responsabilités et les mesures à prendre pour y parvenir.
Le présent guide, avec l’aide de l’outil qui l’accompagne, expose un cadre complet permettant aux institutions nationales d’évaluer leurs systèmes d’information énergétique existants. Ce cadre est structuré autour de trois piliers majeurs (PLANIFIER, ORGANISER et SUIVRE), chacun divisé en trois étapes (pour un total de neuf étapes). Appliquer ce cadre permettra de comprendre les forces et les faiblesses du système d’information énergétique et de déterminer les priorités d’action. Ce guide identifie également les bonnes pratiques, en faisant la distinction entre les « objectifs à portée de main », c’est-à-dire les pratiques relativement rapides à adopter et très peu coûteuses, et les « objectifs à moyen terme » qui nécessitent une plus grande planification. S’il est élaboré avec le système national pour référence, le cadre pourrait également être adopté avec un objectif plus spécifique par les institutions chargées des données énergétiques, notamment au niveau régional ou municipal, ou bien sur un sujet spécifique (par exemple l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, etc.).
Le cadre a été élaboré à la suite d’un processus consultatif et d’examen par les pairs auprès de plusieurs fournisseurs nationaux de données énergétiques afin de garantir qu’il englobe bien les principaux défis auxquels les pays peuvent être confrontés lors de l’élaboration de leur système national d’information énergétique. Les indications qu’il contient s’adressent autant aux pays dotés de systèmes de statistiques énergétiques avancés qu’à ceux dont les systèmes ne sont pas encore aussi consolidés.
Ce document s’appuie sur les cadres de qualité élaborés pour les statistiques générales, sur les bonnes pratiques mondiales en matière de renforcement des statistiques énergétiques et sur l’expérience de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en matière de collaboration internationale. L’AIE ne cesse d’aider les pays à élaborer leurs propres feuilles de route en matière de statistiques énergétiques nationales et à améliorer leurs systèmes d’information sur l’énergie. L’agence propose également des programmes de formation, en vue de renforcer le suivi des transitions vers les énergies propres aux niveaux national et mondial.