15 May 2007 Paris --- 1. Nous, Ministres des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), sommes réunis à Paris pour passer en revue la situation des marchés mondiaux de l’énergie et donner des orientations à l’Agence, organisation internationale de premier plan en matière d’analyses des marchés et des politiques énergétiques, et de gestion des crises de l’énergie. Nous attachons un grand prix à la contribution de l’Agence sur ces questions, et nous nous engageons à renforcer encore son rôle et ses capacités.
2. Nous sommes heureux d’accueillir à notre réunion la République slovaque et la Pologne, qui devraient l’une comme l’autre bientôt devenir membres de l’AIE. Bien que le nombre de nos pays membres augmente, les actions entreprises à l’intérieur de nos propres frontières ne seront jamais suffisantes pour forger un avenir énergétique véritablement durable. C’est pourquoi nous nous félicitons de l’intensification de la collaboration de l’Agence avec de grands pays consommateurs et producteurs d’énergie non membres, car ce sont des partenaires essentiels pour assurer un avenir énergétique sûr et durable, ainsi que pour combattre la pauvreté énergétique. Ces pays participent davantage aujourd’hui aux activités régulières de l’Agence parce qu’ils partagent avec elle le dessein d’améliorer la sécurité et la viabilité des marchés mondiaux de l’énergie. Nous constatons cette convergence des efforts avec nos partenaires dans le renforcement au fil du temps du dialogue sur l’énergie, et nous appelons l’AIE à continuer à amplifier son rayonnement dans le monde.
3. Depuis notre dernière réunion tenue en 2005, le monde est aux prises avec des défis énergétiques encore plus difficiles à relever qu’à l’époque : les prix de l’énergie restent élevés et volatils, et imposent un fardeau particulièrement lourd aux économies des pays les moins avancés ; les risques géopolitiques augmentent ; les coûts des investissements flambent ; les dépenses d’équipement n’atteignent pas les montants nécessaires pour garantir la sécurité des approvisionnements ; et les émissions de CO2 progressent plus rapidement encore qu’auparavant.
4. Nous nous réjouissons néanmoins des progrès réalisés eu égard aux engagements que nous avons pris au nom de nos pays membres et aux instructions que nous avons données à l’AIE à la Ministérielle de 2005. Les mesures que nous avons engagées après le passage des ouragans Katrina et Rita, lesquels ont entraîné la fermeture d’une bonne part des capacités de production et de raffinage de pétrole dans le golfe du Mexique, ont témoigné de la force collective de l’organisation, comme de sa grande solidarité et de sa fermeté. Nous nous tenons prêts à faire face à toute autre perturbation. Nous nous engageons à affiner et à consolider nos mécanismes d’intervention en cas d’urgence, en les adaptant aux nouvelles réalités du marché, et notamment par une coopération renforcée avec les pays non membres en cas de rupture importante des approvisionnements. Nous invitons également l’AIE à formuler des avis concernant les mécanismes et les politiques d’intervention en cas d’urgence sur les marchés gaziers, et leurs conséquences internationales éventuelles, car nous assistons à une montée des tensions du côté de l’offre et nous constatons que la transparence laisse à désirer.
5. Nous avions demandé à l’AIE dans notre Communiqué de 2005 de concevoir des stratégies qui aident à franchir le pas entre l’état actuel des choses et ce qui s’impose pour faire prévaloir un avenir énergétique durable et sûr. L’AIE a cerné depuis lors de nombreux éléments permettant de s’acheminer vers une trajectoire plus durable. Pour s’engager sur cette voie, il faut agir dès maintenant en appliquant des stratégies compétitives dans les politiques et les pratiques nationales. Nous avons accueilli avec intérêt les recommandations sur l’efficacité énergétique approuvées au sommet du G8 de Saint-Pétersbourg. Aujourd’hui, nous nous félicitons vivement et envisageons la mise en œuvre dans les meilleurs délais, en fonction des conditions nationales, des nouvelles recommandations concernant l’amélioration de l’efficacité énergétique que l’AIE a élaborées dans le cadre du programme à l’appui du Plan d’action du G8 de Gleneagles, notamment l’adoption de normes de performance énergétique pour les nouveaux bâtiments, de normes applicables à la consommation spécifique de carburant des véhicules et de normes obligatoires visant les appareils électroménagers. Nous appelons l’AIE à œuvrer pour la définition d’objectifs d’efficacité et de plans d’action à tous les niveaux d’administration, en utilisant des outils d’évaluation comparative par secteur, afin d’atteindre une efficacité énergétique alignée sur les meilleures pratiques observées dans le monde entier. Nous invitons l’AIE à faire le bilan des progrès de l’efficacité énergétique dans les pays membres et les grands pays non membres de l’AIE, et à en rendre compte. Nous appelons également l’AIE à poursuivre ses travaux en vue de dégager des scénarios véritablement durables et de trouver les solutions les moins coûteuses qui s’offrent aux pouvoirs publics pour lutter contre le changement climatique lié à l’énergie.
6. Pour construire un avenir énergétique durable, nous devons accélérer le développement et le déploiement des nouvelles technologies. Nous nous y emploierons sans tarder. Nous renforcerons nos programmes de déploiement des énergies renouvelables et, dans le respect des politiques nationales, de l’énergie nucléaire, pour faire face à la menace nouvelle du réchauffement de la planète. Nous œuvrerons en faveur de l’utilisation propre du charbon et ferons avancer, par l’entremise de l’AIE et du Forum pour la gestion de la séquestration du carbone (CSLF), la démonstration en vraie grandeur et le déploiement rapide de la captation et du stockage du carbone, en tenant dûment compte des questions de réglementation et de sûreté. Nous encouragerons à redoubler les efforts de R D pour réduire les coûts des technologies nouvelles, notamment celles des biocarburants avancés, de l’énergie solaire, des piles à combustible à l’hydrogène et des véhicules électriques. De même, nous renforcerons la collaboration en matière de technologies de l’énergie avec les grandes économies émergentes, dans le cadre d’actions bilatérales et du réseau de coopération technologique de l’AIE.
7. Pour que la sécurité et la durabilité deviennent réalité, tous les pays seront appelés à prendre des décisions difficiles. Collectivement, nous devrons recourir à toutes les sources d’énergie, quels qu’en soient l’origine, le fournisseur ou les voies d’accès aux marchés. Nous restons foncièrement attachés aux principes du marché, mais il faut pouvoir compter sur des cadres réglementaires plus transparents, plus stables et plus prévisibles pour stimuler l’investissement, ainsi que sur des données de meilleure qualité afin que l’investissement intervienne en temps opportun. Tous les pays doivent accepter la responsabilité de créer ces conditions. Dans toutes et chacune des facettes de nos travaux, nous devons garder à l’esprit que la sécurité et la durabilité sont indissociables.
8. Notre message clé aujourd’hui est celui de la volonté d’agir et des moyens à mettre en œuvre. Nous devons relever le double défi lié à l’énergie auquel nous sommes confrontés : faire en sorte qu’une plus grande partie de la population mondiale ait accès à une énergie sûre à un prix abordable, et gérer de manière durable les conséquences environnementales de la production, de la transformation et de l’utilisation de cette énergie. Ce n’est pas une tâche insurmontable. Le monde peut bâtir un avenir énergétique propre, intelligent et concurrentiel. Pour y parvenir, chacun de nous devra assumer plus de responsabilité dans toutes ses activités, en s’inspirant des meilleures pratiques dans toutes nos décisions en matière d’énergie. Nous sommes conscients du fait que plus nous tardons, plus les défis à relever seront grands. |